Retrospective
L'activité des membres du réseau IOCAN a été particulièrement chargée ces derniers mois. Entre résidences, ateliers de formations, tournées et mobilités internationale le bassin IOCAN a été animé et vivant.
D'abord du 21 au 27 septembre 2026, la Semana da Dança organisée par Yodine, structure à l’origine de la plateforme internationale de danse contemporaine KINANI et avec l’appui du Centre Culturel Franco-Mozambicain, a fait vibrer Maputo au rythme de la création contemporaine. Artistes mozambicains et internationaux se sont retrouvés autour de spectacles, d’ateliers, de films et de rencontres professionnelles. Une semaine où la danse s’est affirmée autant comme langage artistique que comme outil de transmission, de dialogue et d’ancrage territorial.
Du Mozambique au Brésil, de l’Afrique du Sud à la Côte d’Ivoire, en passant par la Tanzanie, La Réunion, la République démocratique du Congo, l’Italie et la Suisse, la programmation a fait dialoguer des univers singuliers. Escalar de Vasco Sitoe, Corps Manquant de Yan Marussich, O Volume de Martins Tuvunji, Face Silenciada de Cristina Matola et Açucena Chemane, ou encore Esquives de Stéphanie ont marqué les premiers soirs. Ensuite Peponi, porté par House of Wondar, et sa touche d’humour bienvenue et le puissant « Let's Talk » de Janeth Mulapha au sein du Conseil municipal de Maputo ont suivi. Plus tard, The Around de Lorin Sookool et Kβç de Gelo de Wellington Gadelha ont exploré les matières que sont respectivement la terre et eau. La semaine s’est clôturé avec précédé par un atelier collectif et participatif autour des sons produits par le corps humain animé par Agnese Banti. Autant de propositions qui ont mis en lumière la vitalité des scènes chorégraphiques et la place essentielle des artistes mozambicains.
Cette semana da Dança a aussi été pensé pour la formation, l’expérimentation, et une manière de penser le territoire. Le workshop « Cenografia Urbana », animé par Jean Christophe Lanquetin, a interrogé les relations entre scénographie, espace urbain et création, notamment à Polana Caniço quartier populaire qui accueillera plus tard dans la semaine le Kilomètre de Danse, un dispositif du CND. De son côté, Andreia Duarte a animé « Curadoria pensada a partir do Território », invitant à penser la programmation artistique depuis les réalités locales. Ces ateliers ont prolongé les spectacles par une réflexion concrète sur les pratiques, les espaces et les contextes de création.
En fin de semana Le forum, dispositif de la biennale de Lyon, a installé une station à Maputo plus précisement à Macaneta où se déroule habituellement le stage de danse Mugangueni. Il a réuni des professionnels de plusieurs pays, dont le Mozambique, la France, La Réunion, l’Afrique du Sud, l’Australie et le Brésil. Un temps fort pour croiser les expériences et renforcer les liens entre scènes artistiques. Le cinéma a complété cette programmation avec « Invisible Walls » de Pak Njamena et « Germaine Acogny : L’Essence de la Danse » de Greta-Marie Becker, offrant d’autres façons d’approcher les parcours et les imaginaires de la danse.
Point d’orgue populaire de la semana, le « 1km de Dança ». En plein cœur du quartier Polana Caniço. Un quartier, cinq scènes parfois insolites, trois heures et un public en mouvement dans les ruelles, allant à la rencontre des spectacles proposés. La danse a quitté les espaces conventionnels pour se rapprocher des habitants. Entre scène locale, école de formation et artistes internationaux, notamment Zantara de Côte d’Ivoire, et Mother Luna de La Réunion, cette traversée a donné à voir une danse vivante, accessible et profondément ancrée dans son territoire.
De Casa Velha au Centre Cuturel Franco Mozambicain, de Macaneta à Polana Caniço, la Semana da Dança 2026 a tissé des liens entre spectacle vivant, formation, réflexion curatoriale et coopération internationale. Plus qu’une succession de représentations, elle a fait de la danse un espace de rencontre entre artistes et publics, entre pratiques et territoires, entre création locale et mobilité internationale
Waste(ed) Bodies : le corps face aux enjeux environnementaux
La chorégraphe mozambicaine Chica Francisca Pedro Mirine et le percussionniste Frank Paco ont mené une résidence de deux semaines au CRR de La Réunion, à Saint-Pierre, portée par Lalanbik CDCN - océan Indien avec le soutien de la Commission de l'océan indien à travers le fonds Alé Vini. Leur création interdisciplinaire, Waste(ed) Bodies, mêle danse contemporaine, percussions et arts visuels pour interroger notre rapport aux déchets, au recyclage et à l’économie circulaire. Le spectacle a été présenté en septembre 2026 au Théâtre de Pierrefonds.
Tsignangou : un solo en construction
Le danseur et chorégraphe Moimed de Guerre, spécialiste du krump, développe Tsignangou, un solo créé avec l’association Uwezo. Ce projet de recherche et de création a bénéficié d'une résidence de recherche et de création à La Réunion, avec Lalanbik au théâtre de Pierrefonds. Pendant une semaine l'artiste a travaillé avec Clémence Boussin à la lumière et a reçu le regard extérieur de Cécile Vitry afin de nourrir la recherche chorégraphique. Une sortie de résidence a été effectuée le 14 août au théâtre de Pierrefonds.
Cette accueille en résidence entre dans le cadre du projet de structuration du réseau IOCAN, cofinancé par par l'Union européenne et la région Réunion. L'Europe s'engage à la Réunion avec le fonds Interreg VI.
« L’Expat’ » et la Compagnie Tché-Za ont repris leurs valises entre Europe et Afrique. Après deux dates en juin à Barcelone en Espagne, et une escale à Brazzaville au Congo lors de la biennale de la danse, la compagnie a poursuivi son parcours en octobre avec quatre rendez-vous. Retour en Espagne le 9 octobre à Gijón, les 15 et 16 octobre à Bratislava en Slovaquie. La tournée s’est terminée Bretagne le 18 octobre dans le cadre du festival Houle Sentimentale.
Entre scènes européennes et africaines. Entres spectacles et échanges culturels, la compagnie Tché-Za et Salim Mzé Hamadi Moissi entendent faire rayonner la danse des Comores et de l’océan indien au-delà de leur zone géographique.
Des danses masaïs à l’exploration du mouvement, deux rendez-vous ont placé la transmission et la recherche corporelle au cœur de la pratique.
Du 30 juillet au 8 août, Watwero Dance Company a organisé son stage annuel de dix jours consacrés aux danses traditionnelles et contemporaines d’Afrique de l’Est. Fernando Anuanga’a de Maa Cultured, membre du réseau IOCAN, y a proposé une formation autour des danses masaï, mêlant apprentissage collectif et transmission des pratiques.
En septembre à l’Institut français de Madagascar, Zoé Johnson chorégraphe de la Cie Tahala et directrice artistique du Festval Mitsaka, autre membre du réseau IOCAN, a animé dans le cadre des Temps forts danse, un atelier invitant les participants à explorer la mobilité de la colonne vertébrale à travers des exercices et des propositions de mouvement.