Des chorégraphes du bassin IOCAN à l'honneur dans Souffle o.I #7
De l’énergie collective du Mozambique aux chants ancestraux masaï du Kenya, des danses de guérison malgaches aux récits métissés de l’océan Indien, le festival Souffle O.I. #7 met à l’honneur les artistes du Bassin IOCAN. Idio Chichava (Mozambique), Fernando Anuang’a (Kenya), Salim Mzé Hamadi Moissi (Comores) et Julie Iarisoa (Madagascar) explorent, chacun à leur manière, les liens entre corps, mémoire, identité et transmission. Les rencontres entre les cultures, les générations et les imaginaires font leurs danses.
Idio Chichava : faire corps avec le quotidien
Chorégraphe et directeur artistique de la compagnie Converge+, Idio Chichava fonde sa danse sur les gestes du quotidien. Lauréat du Salavisa European Dance Award en 2024, il se présente au Souffle o.I #7 avec deux créations, Dzudza et Vejos Anjos.
Avec Dzudza, le chorégraphe fait surgir sur scène l’énergie du marché de Xiquelene, à Maputo. Avec ses 13 danseurs et danseuses, cette création célèbre la vie, le relèvement et la capacité à faire communauté face aux frontières, aux violences et aux déplacements forcés. La capulana, tissu emblématique, enveloppe les corps et brouille les frontières entre masculin et féminin, sacré et quotidien, local et étranger.
Dans Vejos Anjos (Je vois des anges), il explore les normes sociales et les représentations de la masculinité au Mozambique à travers la relation entre deux danseurs. Ils se confrontent, cohabitent et se réinventent.
À retrouver : Vejos Anjos, les 27 et 28 octobre 2026 au Théâtre de Pierrefonds ; Dzudza, le 31 octobre à Saint-Pierre, le 3 novembre 2026 à Saint-Benoît et le 6 novembre 2026 à Saint-Pierre.
Fernando Anuang’a : la mémoire en mouvement
Artiste et chorégraphe associé à Maa Cultured, Fernando Anuang’a invite le public à découvrir un univers où les traditions masaï rencontrent une écriture chorégraphique épurée et contemporaine.
Dans Melody of Voices, cinq danseurs-chanteurs masaï rythment, le corps et la voix. Les gestes minimalistes, les mouvements répétitifs et ondulants ainsi que les harmonies vocales profondes composent une expérience hypnotique, ancrée dans la terre et dans les héritages.
La création tisse un pont entre passé et présent, entre individu et communauté. Les corps deviennent les vecteurs d’une mémoire vivante, tandis que les chants rendent hommage au patrimoine vocal masaï.
À retrouver : Melody of Voices, le 10 novembre 2026 à la salle Gramoun Lélé, à Saint-Benoît, et les 11 et 15 novembre 2026 au Théâtre de Pierrefonds, à Saint-Pierre
Salim Mzé Hamadi Moissi : raconter l’océan Indien autrement
Chorégraphe de la compagnie Tché-Za, Salim Mzé Hamadi Moissi développe une danse nourrie par les cultures urbaines, le krump et les histoires des territoires de l’océan Indien.
Avec Océan Indien, le chorégraphe interroge les récits, les héritages et les imaginaires communs qui façonnent les identités de la région. Il rappelle les métissages issus des peuples africains, indiens, arabes, chinois et européens, tout en questionnant les divisions qui persistent entre les territoires.
Sur scène, cinq interprètes des Comores, de Maurice, de Madagascar, de Mayotte et de La Réunion font dialoguer leurs parcours. La danse devient un langage commun pour raconter ce qui rapproche les peuples, au-delà des préjugés et des clichés.
L’océan Indien apparaît alors comme un espace partagé, où les trajectoires se croisent et où les différences composent une histoire collective.
À Retrouver : Océan Indien, le 30 octobre 2026 au Théâtre de Pierrefonds, puis le 4 novembre 2026 au musée Stella Matutina, à Saint-Leu.
Julie Iarisoa : danser pour réparer
Chorégraphe de la compagnie Anjorombala, Julie Iarisoa explore les liens entre danse, santé physique et mentale, et pratiques de soin.
Avec Rodo, l’artiste malgache s’intéresse aux danses rituelles de guérison traditionnelles et à leurs résonances dans les pratiques de soin contemporaines.
Le titre renvoie à une énergie et à une vibration sonore présentes dans certaines danses traditionnelles malgaches, notamment le Rodoringa, pratiqué dans le sud de Madagascar, et le Rodona, dans le Centre-Est. Ces danses, inscrites dans des cérémonies rituelles de guérison, nourrissent une recherche autour du pouvoir réparateur du mouvement.
Aux côtés de quatre danseurs et danseuses interprètes, Julie Iarisoa interroge la capacité de la danse à soigner et à transformer les corps. Guérir par la danse : mythe ou réalité ? La création ouvre cette question sans en figer la réponse.
À retrouver : Rodo, le 6 novembre au Parc urbain de Ravine Blanche, à Saint-Pierre, et le 8 novembre au Théâtre de Pierrefonds.