Lalanbik, premier CDCN océan Indien

Lalanbik devient Centre de Développement Chorégraphique National Indianocéanique

Le Ministère de la Culture - en plein accord avec Mme Huguette BELLO, présidente de la Région Réunion, M. Cyrille MELCHIOR, président du Conseil départemental de La Réunion, et M. Michel FONTAINE, maire de Saint-Pierre - a attribué le label Centre de Développement Chorégraphique National (CDCN) à Lalanbik, basé à Saint-Pierre (La Réunion). Cette reconnaissance marque une étape clé pour la promotion et le rayonnement de la danse dans l'océan Indien.

Lalanbik devient Centre de développement chorégraphique national – océan Indien

Le 5 novembre 2024, au moment de l’ouverture de son festival Souffle o.I. #5, Le Ministère de la culture - en plein accord avec Mme Huguette BELLO, présidente de la Région Réunion, M. Cyrille MELCHIOR, président du Conseil départemental de La Réunion, et M. Michel FONTAINE, maire de Saint-Pierre - a attribué le label Centre de Développement Chorégraphique National (CDCN) à Lalanbik, basé à Saint-Pierre (La Réunion).Lalanbik rejoint réseau de 14 lieux partenaires dont 1 seul est implanté hors de la métropole française, ToukaDanse en Guyane.  Par-là, après 3 années de préfiguration consacrées à rassembler les ressources et à construire son activité dans les missions d’un CDCN, Lalanbik affirme son rôle et sa place de référence pour la danse, depuis Saint-Pierre, à La Réunion et dans l’océan Indien.

 

Le geste océan Indien, dans le souffle du Sud

La danse, comme l’océan vaste, riche, vivant, ouvre les imaginaires, déploie les corps, transforme les regards, relie les infinis. Elle n’est pas abstraite du monde. Comme toute forme artistique, elle s’inscrit entre l’articulation sociale de la vie et la structure de perception sensorielle des corps toujours politique. Lalanbik, devenu Centre de développement chorégraphique national– océan Indien, inscrit ses activités à La Réunion, dans le souffle des territoires du Sud, de Maurice, de Mayotte, du Mozambique, de Madagascar, d’Afrique du Sud, d’Inde, des Comores, du Kenya, dans le maillage multiple d’organisations artistiques engagées, reliées par l’océan et par l’histoire, de femmes et d’hommes qui imaginent et créent leur vie sous les alizés. Dans le dialogue avec les artistes, les populations, les associations, nous avons depuis octobre 2019, ouvert des espaces et observé les compositions et l’écriture qui s’y révèlent, scruté des invisibles au-delà des connus. Le projet s’est imprimé, palimpseste des enjeux, troubles et désirs de notre monde.

 

55°30’ longitude Est ; 21° latitude Sud. Vivant. Vivant.e.s. au milieu de l’océan

La force du vivant frappe ici. La nature mêlée aux hommes. Ou l’inverse. La civilisation et l’inconnu. L’océan. Les petites et grandes terres volcaniques. Intensité ; partage ; persévérance ; solidarité ; force ; imagination ; souffle, pour les hommes : les marques d’un tempérament pétri des cultures métissées du Sud, des circonstances et bouleversements épidémiques, climatiques, de l’histoire du peuplement, de l’esclavage et de l’organisation du pouvoir colonial, du marronage. Intensité encore ; diversité à peine connue ; puissance ; échelle de temps insaisissable – beauté et débordements multiples, pour la nature. Ressources de pensée, d’un nouvel imaginaire nécessaire, ancré dans ce que l’on ne maîtrise pas, la puissance qui impose la pensée fluide comme une chance, une nouvelle responsabilité. De l’océan et du souffle, nous observons aussi le mouvement, la traversée à entreprendre : aventure de découverte des gestes maillés dans la mémoire vivante, exploration des possibles désirs, de la joie, des espoirs portés par la force créatrice immense du vivant. La danse dans le souffle, l’air que l’on respire et qui nous anime, une inspiration à prendre ou à reprendre, le frémissement du vent, le jet d’expiration puissant de la baleine.

 

Maison de la danse dans l’océan Indien pour transformer et relier

Les œuvres chorégraphiques autant que les persistances traditionnelles témoignent du souffle de résistance devant l’engourdissement de l’époque fracturée entre l’urgence de la transformation des corps, des imaginaires, des récits, et l’anxiété face au changement climatique, aux violences politiques, économiques et sociales. La recherche de repères opérants dans cette partie du monde, dans les défis de l’histoire et du futur. Parmi les œuvres chorégraphiques soutenues depuis 2020, certaines partagent l’expérience d’un itinéraire personnel, l’épreuve de la migration, de la déportation ; d’autres explorent l’enracinement, l’identité, la tradition et revendiquent une place, un autre récit, une autre existence des corps. Toutes font résonner le vivant, la vibration qui rend sensible à l’énergie du cosmos, qui porte le mouvement essentiel qui permet d’être.

Dans ces gestes sont encapsulés la joie, la capacité de lien et de réparation. Ils s’affirment comme les ressources vitales d’une puissante affirmation artistique qui scande la nécessité de transformer, de migrer. Migrer pour fuir l’immobilisme de la sidération et aussi pour réinventer, enfreindre et déplacer les codes. Migrer pour faire couler, trembler et s’épancher les gestes, les corps et les regards ; recréer de la mémoire et lui donner le sens d’une énergie vitale, celle qui relie et fait avancer les sociétés, ensemble.

 

Créer un CDCN dans la diversité : une chance immense et pour toustes

Créer un CDCN sur ce terrain riche où les pratiques traditionnelles demeurent populaires, la danse diverse, est une chance immense et pour toustes. La diversité que l’on cherche à instituer partout ailleurs, est ici motrice. Nous la faisons guide pour tisser le lien de la création avec le populaire.

Créer un CDCN aujourd’hui est une chance : celle de construire dans une grande nouveauté pour le territoire qui n’a jamais eu de lieu institué pour la danse. C’est l’opportunité d’explorer et l’ambition de construire avec des outils de l’époque, nouveaux, les remises en cause et questions apprises autant que reformulées.

Créer un CDCN face à l’océan, au puissant vivant de La Réunion est une chance : celle de réinventions vives des regards et des récits, vivants et pacifiques, dans la reconstruction optimiste des imaginaires qui demeurent encore trop souvent, malgré les changements de paradigmes, les tentatives d’ouverture des structures de pouvoirs, culturelles, imprégnées des préjugés, des ordres anciens de « la civilisation ».

 

Le pari d’un geste océan Indien d’hospitalité plutôt que de conquête

Depuis La Réunion, le CDCN grandit avec le cœur résilient des voisins d’Afrique. Il est un creuset du vivant d’avant-garde, un creuset d’imaginaire pour un monde nouveau, un creuset de paix. Il est une idée-exploration - y a-t-il un, des gestes océan Indien ? - notre pari sur une vitalité chorégraphique apte à déboucher les représentations, à traverser les multiples, à mettre en mouvement le partage pour se faire voir et reconnaître aussi, de tout l’autre monde. Dans ce penser-mouvement, nous ressentons l’être vivant au monde, l’être-là, vibrant dans l’altérité, qui compose en plongée dans l’immatérialité, sensible, complexe, la voyageureuse qui chemine dans la transformation, le bouleversement, une nécessité, la chance d’un geste d’hospitalité plutôt que de conquête.

Les activités de Lalanbik- centre de développement chorégraphique national – océan Indien, s’articulent autour de 5 axes :

• EVENT

Création chorégraphique :  Le patrimoine chorégraphique vivant- le soutien à la création chorégraphique et aux premières diffusions des œuvres. Le festival Souffle o.I. est le point de rencontre annuel des artistes de l’océan Indien et des populations de la Réunion.

 

• PARTAGE

Culture chorégraphique - la Médiation 

• Le patrimoine chorégraphique vivant- le développement de la culture chorégraphique et le partage. De nombreux parcours de « médiation » et la Brise en parallèle du festival Souffle o.I., avec des points de rencontre : le Bal la poussière, le km de Danse dont la première édition aura lieu en mai 2025.

• La formation et le soutien aux professionnel.le.s : en particulier la co-création d’un cursus de formation en danse contemporaine océan Indien, avec le soutien de la COI (Commission océan Indien)

• MAILLAGE

Plateforme océan Indien (IOCAN) INDIAN OCEAN CHOREOGRAPHIC ARTS NETWORK : un réseau d’organisations référentes, professionnelles - festivals, structures de production et écoles de danse, dans la zone culturelle et géographique de l’océan Indien et de ses voisins – SR Danse à Maurice, Tahala à Madagascar, Yodine- Kinani au Mozambique, Le Royaume des fleurs à Mayotte, Tché Za aux Comores, Mae culture auKenya… et des lieux relais en Europe : La Manufacture- CDCN de Bordeaux- La Rochelle, Le Manège- Scène nationale de Reims, L’atelier à spectacle- Scène conventionnée de Dreux, le CCN de Nantes- direction Ambra Senatore, au moment de l’écriture de ces lignes.

• PEAU NUMÉRIQUE

Peau numérique -  palimpseste numérique et audiovisuel : l’exploration des modes de création et de partage grâce au digital.

Un lieu dédié

Réhabilitation du théâtre de Pierrefonds et aménagement des anciennes écuries pour en faire une véritable «maison de la danse».